Domaine des Courmettes :
Un engagement chrétien au service de l’environnement

Le Domaine des Courmettes (600 hectares de nature protégée sur la commune de Tourrettes sur Loup) appartient à l’association protestante Amiral de Coligny depuis 1918. Jusqu’au milieu des années trente le domaine a une vocation sanitaire (sanatorium – préventorium). Il devient ensuite un grand lieu de rassemblement de scoutisme féminin, géré par la Fédération française des Éclaireuses (FFE), puis une colonie de vacances jusqu’en 1972. En 1974, Les Courmettes deviennent un centre d’animation permanent ouvert sur la nature, accueillant groupes et séminaires divers.
Parallèlement, le domaine de 600 ha devient une réserve naturelle volontaire, dans laquelle un plan de gestion fait l’inventaire de ses multiples richesses naturelles. Fin 2006, le Centre doit cesser ses activités en raison d’importantes difficultés financières. L’association propriétaire a exploré différentes orientations et vient finalement de s’engager avec A Rocha pour étudier un nouveau projet dédié à la sensibilisation à l’environnement.
Les chrétiens sont peu présents dans les domaines de l’écologie alors que le message de la Bible résumé par les verbes de la Genèse « cultiver et garder » est particulièrement riche et actuel. Le grand défi social de notre siècle sera précisément la protection, voire la restauration de l’environnement. Déjà le prophète Osée dénonçait le lien entre « la destruction des animaux des champs et des poissons des rivières » et la mauvaise conduite du peuple.
Le centre des Courmettes sera un lieu de contemplation de la création, d’initiation et d’invitation au changement de comportement pour atténuer les injustices d’aujourd’hui et de demain. Ainsi cette propriété sera à nouveau au cœur de l’engagement chrétien pour la société. A Rocha est une association chrétienne de protection de l’environnement.
Depuis 25 ans A Rocha s’est implantée dans 18 pays. Elle dispose en France d’un centre à Arles qui lui permet d’agir concrètement sur le terrain. A cette mission pratique, s’ajoute celle de sensibiliser des chrétiens au respect de la création, notamment dans le cadre d’interventions dans les paroisses et les Églises au niveau national.
Le site de A Rocha : www.arocha.org
Alain Rosier
Échanges n°327, avril 2008
« Le Seigneur plaça l’humain dans le jardin
pour le cultiver et pour le garder »
Genèse 2, 15

À propos de jardin – lu dans Échanges :
Jardin
De la frontière au jardin…
la lisière. Au jardin, nous nous trouvons à la lisière entre deux mondes.
Un monde bien ordonné par les mains des hommes, leurs maisons, villages, villes et routes.
Et la nature, celle que nous destinons à notre usage, à notre plaisir, celle que nous cultivons mais qui finira par regagner sa liberté.
Au jardin quelque chose d’extraordinaire se passe…
Du jardin d’Eden à Gethsémani :
lieu clos et bien défini où pourtant jaillit l’inattendu, l’incontrôlable : une visite, une rencontre avec ce qui dépasse notre intelligence, ce que nous ne maîtrisons pas.
Les jardins fabuleux marquent notre imaginaire collectif.
Celui dont nous avons été chassés et après lequel nous soupirons, les jardins suspendus de Babylone, le jardin merveilleux où toutes les saisons fructifient sans l’effort de l’homme…
Les jardins à la française, à l’anglaise, qui ont chacun leurs partisans et leurs modes ; les jardins potagers ou d’agrément, les jardins sauvages ou les jardins publics : lieux de rencontre encore et toujours, entre les êtres vivants, entre l’Homme et la nature, entre la créature et son Créateur.
Lieux de rencontre, lieux de grâce où pourtant fleurissent parfois les pires arbres de notre civilisation :
des panneaux discriminants à leur entrée pendant les années sombres jusqu’aux tentes des sans-logis, ils nous montrent aussi les marges, les lisières que nous avons abandonnées en essayant de les oublier.
A la marge de notre société ou au centre de la vie de certains, le jardin révèle notre rapport au monde vivant, à la vie.
Simple pelouse pour le plaisir des yeux ou potager indispensable à la nourriture de la famille : ici se déroule le dialogue entre nos influences et nos aspirations.
Parfois, ses limites se font floues et disparaissent progressivement dans le bois d’à côté, comme si le jardinier avouait humblement l’éphémère de son travail face à la grande histoire de la vie. D’autres fois, le jardin est bien clos, entouré de barrières officiellement dressées là pour le protéger des hommes mais qui limitent aussi clairement l’espace laissé à la puissance indomptable de la nature, l’espace qui rappelle à l’Homme sa grande impuissance.
Au pied du Mont des Oliviers, au jardin du pressoir, avaient rendez-vous l’angoisse et l’indifférence : Gethsémani, lisière entre la mort et la vie, le deuil et l’espérance. Dans cette terre a germé la graine qui ne demande qu’à croître dans les cœurs. Nous pouvons nous en protéger, la dompter, l’enclore ou bien nous émerveiller de la puissance de cette nouvelle pousse. Gagnons sans crainte la lisière de tous nos jardins, jardins intimes ou jardins publics, une nouvelle vie nous y est offerte.
Magali Girard
Pasteur de l’Église Réformée à Chambéry
Échanges n°329, juin 2008



